Et voilà, la série blog journal intime n'est pas prête de finir...
Elfe noir
Il y a bien longtemps que je n'avais pas été en mode elfe noir... Ces derniers temps pourtant je n'ai pas arrêté de laisser cette partie la plus sombre de mon être s'adonner à des pratiques destructives. A un moment où j'ai touché le fond et ou je ne sais pas vraiment qui je suis, cela a-t-il encore une importance ?
A ceux qui se demandent pourquoi, on pourrait répondre que personne n'est tout noir ou tout blanc et que l'odeur du sang l'excite. Frapper, frapper, frapper jusqu'à l'agonie et ressentir les spasmes plus ou moins pathétiques d'une victime désemparée par tant de violence voilà "the black elf way".
Un jour, quand j'aurai repris mes esprits, je verserai peut-être une larme pour tous ces corps déchiquetés que j'ai aimé...Mensonge, perfidie et corrosivité ont été les maîtres mots. Qui me jugera ? Qui me comprendra ? Qui me pardonnera ? Que l'on me donne un miroir pour vomir de mon image, que quelqu'un me sauve de cette créature, que ma conscience revienne...
L'envie de meurtre, aussi symbolique fût-il est-elle pardonnable ? La schizophrénie peut-elle se guérir aisément ? L'égoïsme est-il le remède contre la douleur ? L'erreur d'un meurtrier inexpérimenté est de laisser à la victime le temps de s'exprimer. Car là commence le remord et la raison quand régnait la haine et l'instinct. Croiser le regard de l'agonie d'une âme innocente revient à brûler la sienne.
Et si quelqu'un me comprend se fera-t-il le juge de mes tourments ? La vie, une obligation ? La mort, une punition ? Le bien est-il plus légitime que le mal quand les dieux sont morts ? Que reste-t-il de la morale quand on n'accepte pas les vérités révélées ? De quel droit le bien ose-t-il dicter une suprématie, celle des faibles de surcroît ? Appliquer bêtement ce que l'on croit être bien, réprouver machinalement ce que l'on a jugé mal, quoi de plus normal ? Cependant, rien, absolument rien ne le justifie. Que le mal soit soulagé, je me permets de le réhabiliter, que le bien se fasse du souci, j'ose le remettre en question.
Si je te frappe, cours toujours plus vite, cours toujours plus loin car seule la destruction t'attend. Ne cherche pas à comprendre, contente-toi de courir. Ne cherche pas à me raisonner, la raison est partie rejoindre la morale. Ne cherche pas à riposter, l'odeur de mon propre sang me mettrai en transe. Ma souffrance sera la tienne, ta souffrance sera ma jouissance; sauf si nos regards se croisent,auquel cas nous partagerons la souffrance.
Peu importe le chemin, la destination est la même : la mort, le moyen de transport est invariable : la douleur. Même dans le noir mes coups atteignent leur cible. Un jour je regretterai, un jour je pleurerai, un jour j'irai croupir dans les cercueils de mes victimes, à côté de leurs corps putréfiés. Qui tue par le verbe, périra par le verbe : ma fin est proche.
Oublie Abi, il a contracté une maladie mortelle en traversant l'Atlantique et a entamé sa phase terminale une belle nuit de jeudi. Oublie mon sourire, mon amitié, ma franchise, tu ne récolterais que moue, inimité et mensonge. Le mensonge peut détruire et te faire douter de la vérité établie en trois mois quand la vérité ne suffirait pas à te convaincre de la fausseté du mensonge élaboré en trois secondes. Je ne pense pas ce que je dis, mais que la vue du sang est excitante...
Je pense avoir atteint l'extrême de ma méchanceté potentielle. Je ne tiendrai surement pas longtemps car je suis bien trop faible pour être le tueur que je prétends être. Et à ce moment de la noyade, aucun cadavre ne ressuscitera pour me tendre la main car la vengeance se grave proportionnellement à la méchanceté.
Je ne cherche pas de pardon, simplement une raison, une morale et une identité...